L’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans en France est actuellement sous scrutiny suite à l’avertissement de la Commission européenne le 6 juillet 2026. La préoccupation principale réside dans la conformité de la législation française avec le droit européen, notamment le règlement Digital Services Act (DSA), destiné à harmoniser les obligations des grandes plateformes numériques dans l’Union. La proposition initiale, portée par la députée Laure Miller, a été modifiée par le Sénat pour différencier entre plateformes interdites et accessibles sous conditions. La Commission européenne craint que le texte français n’octroie des pouvoirs excessifs à l’Arcom, au détriment des compétences européennes, obligeant ainsi une adaptation préalable avant adoption législative.

Cependant, le problème sous-jacent dépasse la simple compatibilité juridique. Des études, telles que celle menée auprès d’adolescents australiens, indiquent une faible efficacité des restrictions d’âge, avec une majorité d’adolescents de moins de 16 ans continuant à accéder aux plateformes, souvent par des moyens de contournement comme de faux comptes ou navigateur privé. Ceci soulève la question de la pertinence de telles lois, leur mise en œuvre coûteuse, et leur réel impact pour les jeunes. Il est également souligné que le rôle principal de l’encadrement de ces jeunes revient aux parents, qui possèdent une meilleure connaissance de la gestion de leurs enfants que les institutions. L’ensemble de ces observations suggère une réflexion approfondie sur l’approche législative et sa réelle efficacité face à l’usage des réseaux sociaux par les mineurs.

Source: Contrepoints