Analyse structurée du soutien à la décroissance par la candidate Présidentielle Delphine Batho et l’économiste Timothée Parrique.
L’ancienne ministre de l’Écologie, Delphine Batho, figure parmi plusieurs candidats potentiels à l’élection présidentielle. À l’occasion de la publication d’un ouvrage, elle a accordé un entretien à l’hebdomadaire Marianne (2 juillet 2026), exposant ses idées sur l’écologie politique, en particulier une critique de la croissance économique.
Batho associe l’écologie à une quête de la beauté et à la lutte contre ce qu’elle perçoit comme la prédation liée à la croissance du PIB et à la violence qui en découle. Elle défend la nécessité d’émanciper la société du consumérisme et de la croissance comme fétiche. Sa solution privilégie la « sobriété » et la décroissance, vues comme des moyens de souveraineté, en insistant sur la réduction des dépendances énergétiques et commerciales, permettant de retrouver une « frugalité heureuse » et ainsi, d’accroître la liberté individuelle. Elle qualifie la surconsommation de phénomène dicté par une élite, aggravant la frustration et excluant la possibilité pour tous d’accéder au beau.
Simultanément, l’économiste « décroissantiste » Timothée Parrique, dans un article de Libération (3 juillet 2026), critique le capitalisme jugé responsable des crises climatiques, notamment des canicules accrues. Il dénonce la privatisation des profits conjuguée à la socialisation des dégâts, soulignant que ce système bénéficie principalement aux riches, tout en détruisant la planète. Parrique propose une organisation de la décroissance ciblant en priorité les nations les plus riches, ainsi qu’une réappropriation du sens originel de l’économie comme économie d’épargne.
La réflexion souligne un parallèle historique avec les socialistes du XIXe siècle, critiqués par Bastiat et Yves Guyot, qui voyaient dans la décroissance un agent de régression civilisationnelle. Contrairement aux marxistes, qui rejetaient toute idée de décroissance, ces penseurs antérieurs considéraient la pauvreté et la barbarie comme contraires à la nature humaine.
L’article conclut en soulignant que ces perspectives, quoique controversées, appellent à un changement radical dans la conception et la pratique économique pour répondre aux défis écologiques et sociaux contemporains.
Source: Contrepoints