Malgré la fréquence des révélations dans l’actualité, les violences sexuelles sur mineurs demeurent largement invisibles dans la société, avec une protection quotidienne des enfants et adolescents qui reste insuffisante. Cette inertie, persistante malgré la libération de la parole, soulève des questions sur l’efficacité des réponses institutionnelles et sociétales.
L’affaire Lyhanna a illustré la difficulté persistante à entendre et répondre à ces violences, évoquant une longue histoire médiatique oscillant entre visibilité et invisibilité. Dès 1988, la prise de parole publique, notamment par Christine Ockrent, a tenté de sensibiliser sur l’ampleur des violences, précisant que ces crimes concernaient une proportion significative d’enfants.
Historiquement, les affaires de criminalité sexuelle sur mineurs ont été évoquées dans la presse, mais souvent sous un prisme moralisateur, privilégiant les violences spectaculaires et minimisant la reconnaissance des victimes.
L’évolution des médias dans les années 1980 a amorcé un changement, notamment avec la libération de la parole lors de émissions telles que celles animées par Alain Gérôme, menant à une plus grande visibilité et à une prise de conscience accrue. Cependant, la majorité des cas reste non médiatisée et sous le radar judiciaire, témoignant d’une inertie face à une réalité souvent ignorée ou minimisée.
Les lois et leur application ont connu des avancées, mais celles-ci restent insuffisantes si la mise en œuvre ne suit pas. La persistance de la domination masculine, valorisant une sexualité masculine prédatrice, contribue à la tolérance sociale et institutionnelle de ces violences, chiffrée notamment par le taux élevé de classifications sans suite des plaintes.
En conclusion, l’échec à réduire significativement la violence sexuelle sur mineurs résulte d’une combinaison d’inertie médiatique, d’insuffisance législative et d’un système de pensée patriarcal ancré, nécessitant une action systématique et multidimensionnelle pour changer cette dynamique.

Source: Politique + Société