L’examen du système politique suisse révèle des niveaux élevés de confiance citoyenne, notamment par l’usage systématique de référendums. La pratique citoyenne de rejet ou d’initiative modifie profondément le comportement des acteurs politiques, en favorisant le consensus.

La réussite économique de la Suisse, caractérisée par une faible dette publique et un PIB par habitant élevé, a longtemps été attribuée à des pratiques économiques contestables telles qu’une fiscalité avantageuse ou le secret bancaire. Cependant, ces hypothèses sont contredites par des faits, notamment une contribution du travail au PIB la plus élevée au monde et la disparition du secret bancaire depuis 2018.

Selon des chercheurs tels que Lars P. Feld, Bruno S. Frey ou John G. Matsusaka, la clé du succès suisse réside dans son système politique, qui génère un haut niveau de confiance et une participation citoyenne significative. L’enquête European Social Survey de 2023 en témoigne, indiquant que trois Suisses sur quatre se sentent impliqués dans la prise de décision politique.

Bruno S. Frey, dans ses travaux antérieurs, recommandait à l’Union européenne d’adopter le modèle politique suisse pour assurer prospérité et légitimité. La particularité de ce système, intégrant plusieurs institutions de démocratie directe, lui confère une flexibilité et une résilience remarquables.

Les institutions clés incluent le référendum obligatoire, mis en place en 1848, le référendum facultatif, instauré en 1874, et l’initiative populaire, depuis 1891. Ce dispositif permet aux citoyens d’exercer un contrôle direct sur les politiques, créant un environnement où la confiance et l’implication dans les institutions sont renforcées.

Le fédéralisme cantonal et la culture du consensus au sein du Conseil fédéral favorisent une gouvernance locale forte et une stabilité politique. La structure encourage aussi des négociations multipartites, évitant les changement brusques de politiques et favorisant la stabilité.

Toutefois, la transposition de ce modèle à d’autres contextes, notamment en France, pose des défis en raison de différences institutionnelles et culturelles. La proposition de le faire nécessite des amendements constitutionnels et un large consensus politique.

En conclusion, le système suisse, bien que difficile à exporter dans sa globalité, offre des éléments pertinents pour renforcer la démocratie et la gouvernance locale. La souveraineté populaire exercée via l’initiative et le référendum pourrait contribuer à réduire la centralisation, à renforcer la légitimité démocratique, et à favoriser une culture politique de consensus.

The Conversation

Source: Politique + Société