L’encadrement légal du pantouflage, pratique permettant aux fonctionnaires de passer du secteur public au secteur privé, demeure insuffisant. La lecture des données indique que cette pratique, ainsi que le rétro-pantouflage, s’est intensifiée durant le mandat présidentiel d’Emmanuel Macron. Les mécanismes de contrôle et sanctions sont particulièrement déficients.
En mars 2026, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a rendu un avis favorable à un projet de reconversion problématique, impliquant un ancien directeur de cabinet de ministre rejoignant une organisation de lobbying agricole, en dépit des restrictions explicites. Ce cas exemplifie la faiblesse des contrôles et la sous-estimation des risques démocratiques liés à ces mobilités, alors même que le lobbying des grandes entreprises atteint des budgets records.
L’évolution récente du phénomène, analysée dans diverses études et enquêtes journalistiques, montre une transformation de ses contours, avec une dépendance accrue de la puissance publique envers des acteurs du privé, et une entrée plus large de différents profils dans ces pratiques, notamment via la loi du 6 août 2019. La diversification sectorielle, notamment vers le numérique, la santé et le conseil, accentue ces enjeux. La problématique dépasse le simple conflit d’intérêts et constitue une menace systémique pour l’intégrité démocratique et la souveraineté nationale, altérant la confiance citoyenne dans les institutions.
Pour renforcer la protection de l’intérêt général, il est proposé de repenser les dispositifs de contrôle, en particulier via quatre chantiers de réforme développés dans le Livre blanc de l’Observatoire de l’éthique publique, publié le 14 juin. Ces mesures visent à réduire les incitations à ces mobilités, à améliorer la cartographie des risques, à interdire les mobilités à risque, et à renforcer les moyens de contrôle de la HATVP, afin de préserver la neutralité et la transparence de l’action publique.

Source: Politique + Société