⟦IMG:0|L’intimité repose sur la spontanéité et la sincérité, éléments susceptible d’être compromis par l’introduction de l’IA dans la sphère relationnelle.
Selon Alberto Menendez Cervero (Shutterstock), les outils d’intelligence artificielle générative facilitent la communication en proposant des suggestions de conversation et en aidant à exprimer l’identité personnelle.
Le développement de ces applications, notamment dans le domaine des rencontres en ligne, soulève des enjeux d’ordre social et éthique, notamment en ce qui concerne la manipulation de l’intimité via des outils tiers destinés à rendre nos interactions plus divertissantes ou séduisantes.
Les usages de l’IA pour traiter des conflits ou gérer la vie sociale suscitent des préoccupations relatives à la précision des conseils fournis, à l’embedding involontaire de préjugés sociaux dans ces modèles, et à la confidentialité des données très personnelles partagées avec ces systèmes.
La normalisation de l’usage de l’IA en matière d’intimité menace de réduire la curiosité intrinsèque qui motive la découverte de soi et des autres, et pourrait encourager une perception simpliste de la vie affective, limitant la capacité à gérer la complexité et l’imprévisibilité inhérentes à de vraies relations.
Conseiller que l’acquisition des compétences relationnelles, ou “l’autonomie amoureuse”, peut-être remplacée par des outils technologiques constitue une vision réductrice et potentiellement nuisible à la maturation affective.
Il s’agit donc d’un enjeu majeur pour préserver l’authenticité, la diversité culturelle et la richesse de l’expérience humaine face aux promesses de maîtrise et d’optimalisation offertes par les Solutions d’IA.
La référence à la photographie argentique de Daniel Arnold illustre la valeur de l’expérience authentique et non médiatisée, en opposition à la standardisation et la superficialité possible avec l’IA.
Il conviendrait ainsi d’adopter une attitude de prudence et de privilégier les interactions non assistées pour cultiver une véritable intimité, en acceptant l’imperfection et en valorisant l’incertitude comme éléments structurants du lien humain.


Source: Politique + Société