Comment les militants belges ont imposé un embargo de facto sur les armes vers Israël

En juillet 2025, quatre organisations de la société civile belge ont obtenu une décision provisoire significative contre le gouvernement flamand. La Cour d’Instance de Bruxelles a ordonné la suspension du transit en Israël de produits liés à la défense et d’autres marchandises susceptibles d’être utilisées à des fins militaires, sauf si une assurance ferme était donnée de leur usage exclusivement civil et légal. L’affaire portait sur des roulements coniques expédiés par le port d’Anvers à un fabricant israélien de défense.

Cette décision a suivi des actions de Vredesactie, 11.11.11, INTAL et la Ligue des Droits de l’Homme, après que des militants ont repéré plusieurs conteneurs transportant des composants destinés à Ashot Ashkelon Industries, qui fournit des systèmes de transmission pour des véhicules militaires israéliens. Plutôt que de demander de nouvelles lois, la coalition a soutenu que le gouvernement flamand n’avait pas appliqué ses règles existantes en matière de commerce et de licensing d’armements.

Le tribunal a convenu que l’expédition spécifique était vraisemblablement destinée à des véhicules militaires et a noté qu’aucune licence de transit n’avait été demandée. Il a ordonné au gouvernement d’empêcher des expéditions similaires, à moins qu’un usage civil légitime puisse être assuré, et a imposé une pénalité de 50 000 € pour chaque violation, pouvant atteindre 5 millions € en cas de récidive. Les militants estiment que cette décision a instauré un embargo de facto sur le transit militaire à travers la Flandre vers Israël – offrant ainsi un modèle pour d’autres groupes de la société civile cherchant à responsabiliser les gouvernements en matière de transferts d’armes.

Dans cet entretien, Jo Dirix, militant de Vredesactie, explique comment la coalition a tracé les expéditions, mobilisé l’opinion publique, levé des fonds légaux et obtenu gain de cause – et pourquoi cette campagne démontre que lorsque les gouvernements n’agissent pas, la société civile peut les contraindre.

Source: Open Democracy